La peinture a longtemps eu le monopole des images. Depuis 37000 ans jusqu’à la fin du XIX siècle, où elle vient à partager cette exclusivité avec la photographie.

De façon vitale pour moi, la réalité s’est calquée sur ces images peintes. Comme si la rue, le paysage, les situations, devenait  musée sous  regard filtré par la connaissance.

Sans a priori, sans attente même, cette passion pour la peinture m’a imposé des visions au quotidien.

A tous moments des ressemblances et problématiques liées à la peinture se présentent à moi, m’engageant alors dans la nécessité créative. Celle-ci commence alors par la prise de vue qui pourrait presque sembler compulsive. L’ accumulation  photographique , que je parcours alors comme une promenade, amène surprises et souvenirs que je vais traiter méthodiquement, redonnant vie à des squelettes, ombres, traces, paysages fictifs et événements. 

Le travail méthodique sur chaque photographie, avec les outils créatifs du numérique, me permet d’aborder cette étape avec joie et  spontanéité. L’invention, le hasard et l’application de préceptes issus de la peinture, me permettent de redonner sens et exaltation à ces images. La neutralité aussi. Sans filtres parfois, la réalité devient fantastique. Avènement, apparition, symptômes. . .

Comme en géologie, les images stratifiées dans  des couche d’histoires, d’oubli et de désirs, réapparaissent. Croisement des époques, gravure numérique…

Une grande similitude naît, entre mon travail photographique et celui engagé depuis plus de trente années de peinture.

La mise au point d’une technique originale associant, pigments, vernis et minéraux, m’a permis de pouvoir multiplier les tentatives et égarements.

Tout en construisant  l’apparence de mes toiles, les sédiments s’organisent de façon cohérente en strates, telles la tranches des livres ou coquilles d’huître.

De façon visible et mate, se met en place un résultat ayant autant l’apparence d’un tricot cathodique que celle d’un pollen digital.

Ainsi les couches s’évaporent pour créer un limon, un support fertile qui rend possible. L’espoir naît, à la fois profond et naïf. Il affirme l’idée d’une peinture géologique et historique .

En décomposant les processus créatifs puis en les remariant, le présent fait de décalcomanies additionnées devient autre. 

Convoquer l’alchimie pour que les prémonitions et stigmates de l’Histoire de l’Art s’articulent de façon expressive, tout en fixant et révélant notre époque.